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« Il est nul en maths » : pourquoi je refuse cette phrase

Par Baptiste, cofondateur · Lecture 7 min · Mis à jour le 12/06/2026

« Il a pris en grippe les maths, donc compliqué. » Ce message, une maman me l'a envoyé après nos premières séances avec son fils. Je le comprends d'autant mieux que cette grippe-là, je l'ai eue. À 6,2 de moyenne en prépa, j'étais officiellement « nul en maths ». Un an plus tard, je finissais à 17,9. Entre les deux, ni greffe de cerveau ni miracle : un changement de méthode. Alors quand un parent m'annonce au téléphone que son enfant est nul en maths, voilà ce que je lui réponds.

En bref

« Nul en maths » décrit un résultat, jamais une cause. Dans la quasi-totalité des situations que je rencontre, le blocage vient d'une méthode de travail inadaptée (relire au lieu de chercher), de lacunes accumulées sur des chapitres précis, ou d'une confiance détruite par les mauvaises notes. Les trois se traitent, et la première chose à faire est un diagnostic chapitre par chapitre.

Ce que cette étiquette rate complètement

« Nul en maths » décrit un résultat. Jamais une cause. C'est comme dire d'une voiture qu'elle est « nulle en démarrage » : tant qu'on n'a pas ouvert le capot, on n'a rien dit. Et ce qui me frappe depuis que j'accompagne des élèves, c'est que le capot révèle presque toujours l'une de ces trois pannes, et presque jamais un « manque de bosse des maths ».

Panne n°1 : il travaille comme on lui a appris à travailler ailleurs

Relire le cours, surligner, refaire les exercices déjà corrigés. Cette méthode fonctionne à peu près en histoire. En spé maths, elle ne produit rien, parce que l'épreuve ne demande pas de restituer : elle demande de reconnaître un type de problème et de dérouler une stratégie. Personne ne l'a dit clairement à votre enfant. Moi-même, en prépa, je passais mes soirées à « réviser » de cette façon. Je travaillais énormément. Je coulais quand même. Le jour où j'ai compris que réviser, c'est chercher des exercices sans le cours sous les yeux, classer mes erreurs et refaire ce qui résiste, tout a basculé : deux mois plus tard, mon premier 17.

Panne n°2 : des lacunes précises, pas un niveau global

Quand je fais le point avec un nouvel élève, je n'entends jamais « je ne comprends rien à rien ». J'entends « les suites ça va, mais dès qu'il y a de l'exponentielle je suis perdu ». Les maths du lycée sont une tour : le second degré porte la dérivation, qui porte les études de fonctions, qui portent tout le reste. Deux ou trois étages fragiles suffisent à faire vaciller l'ensemble, et l'élève en conclut qu'il est nul en maths, alors qu'il est fragile sur trois chapitres identifiables. La nuance change tout, parce que trois chapitres, ça se reprend.

Panne n°3 : la confiance est partie avant le niveau

Une autre maman m'a écrit un soir : « il avait perdu confiance en lui, tu lui permets de retrouver sa confiance et visiblement le plaisir de faire des maths, ce qui est assez inattendu. » Ce message dit tout de la mécanique : la spirale s'inverse par la confiance, et la confiance revient par des réussites concrètes, pas par des encouragements abstraits. Un élève qui réussit seul, trois fois de suite, un type d'exercice qui le bloquait, change de regard sur lui-même. C'est pour ça que je fais toujours commencer mes élèves par un terrain gagnable rapidement plutôt que par leur pire chapitre.

Ce que je ferais cette semaine, à votre place

D'abord, remplacer le verdict par un diagnostic : prendre les trois derniers DS et lister, avec votre enfant, ce qui a coûté des points, chapitre par chapitre et type d'erreur par type d'erreur (notre guide du carnet d'erreurs donne la grille exacte). Ensuite, changer une seule habitude de travail : plus aucune révision en relecture, uniquement des exercices cherchés sans le cours, comme décrit dans la bonne méthode de travail en maths. Enfin, si les lacunes remontent loin ou si la confiance est trop entamée pour travailler seul, faire entrer un cadre extérieur, et l'évaluer sur un critère simple : est-ce qu'il vous montre, preuves à l'appui, ce que votre enfant fait réellement chaque semaine ? C'est le critère qui m'a fait construire notre système de suivi tel qu'il est.

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Les questions qu'on me pose sur ce sujet

Comment savoir si c'est un problème de méthode ou un vrai problème de niveau ?
Un test simple que je fais à chaque appel diagnostic : demandez à votre enfant comment il a révisé son dernier DS. Si la réponse contient « j'ai relu le cours » ou « j'ai refait des exercices » (sans préciser lesquels ni pourquoi), c'est un problème de méthode. Un élève qui travaille avec méthode sait nommer les types d'exercices qu'il a travaillés et ceux qui le bloquent encore.
Mon enfant dit lui-même qu'il est nul. C'est grave ?
C'est le signal le plus important à traiter, avant même les notes. Un élève qui se croit nul n'essaie plus vraiment : il se protège. La sortie passe par des victoires rapides sur un type d'exercice précis, pas par des discours. La confiance suit la compétence, jamais l'inverse.
À partir de quelle moyenne faut-il s'inquiéter ?
La moyenne seule dit peu : un 9 en chute depuis un 13 m'inquiète plus qu'un 8 stable chez un élève qui n'a jamais eu de méthode. Ce que je regarde : la trajectoire, le rapport entre travail fourni et résultat, et ce que l'élève dit de lui-même. Si les trois sont au rouge, on agit maintenant, pas au prochain bulletin.
Baptiste, cofondateur de Confiance Maths
Baptiste · Cofondateur de Confiance Maths

En prépa, je suis passé de 6,2 à 17,9 de moyenne en changeant une seule chose : ma méthode de travail. J'accompagne aujourd'hui des élèves de Terminale en spé maths, avec un cours en direct chaque semaine, un suivi du travail entre les séances et un rapport envoyé aux parents tous les lundis. Mon histoire complète.

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